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4/ Mardi 19 mai : Pecq
Voilà, Muriel m'a redéposé là où elle m'avait pris hier. Elle a échangé ma pélerine qui perce par une cape de pluie qu'elle avait chez elle. On refera l'échange après ma finale. En partant, nous sommes passé par une station service pour me prendre un pain garni pour midi.
Très vite je peux prendre un chemin agricole. Mais il a beaucoup plu et les herbes au milieu du chemin sont encore bien haute. Cela me demande pas mal d'effort mais je débouche sur une petite route où je découvre mon arbre du jour. Il m'attire par ses couleurs claires parmi le vert sombre des autres arbres et aussi par les douces odeurs de ses fleurs.
L'homme du jour, je le rencontrerai plus loin après une longue montée. Un chat déboule d'une maison bientôt suivi par un monsieur qui le cherche. "Il est parti par là" débute une belle rencontre. Cet homme a eu un accident qui, d'après les médecins, ne lui laissait aucune chance d'encore marcher mais, à force de volonté et de courage, c'est bien un homme debout et qui marche qui est devant moi. Et la conversation se poursuit sur le pourquoi de ma présence ici. Et il me dit alors : "Vous êtes celui dont j'ai appris le projet ! Félicitations. Avez-vous besoin de quelque chose ? Un café ? " mais je ne suis qu'au début de mon étape du jour, étape de 26 km et on annonce de la pluie. Je préfère avancer. La pluie, je la sens qui va arriver, et je cherche un coin sympathique pour m'asseoir et manger. Finalement c'est une grosse pierre plate au pied d'une haie qui m'accueille le temps de déguster mon pain garni.
Il était temps, non seulement de m'arrêter - je suis debout depuis 4 h du matin afin d'être prêt pour partir afin de ne pas mettre Muriel en retard pour son boulot - et il y a eu pas mal de longues montées ; temps aussi car, à peine la dernière bouchée avalée, les premières gouttes tombent. Et elle n'arrêteront quasiment plus. Juste un peu de répit dans la montée du Mont-Saint-Aubert (148 m. d'altitude).Elle ne me quitte plus dans la descente du Mont-Saint-Aubert rendant le sentier - GR 122 - terrible ment glissant. Je dois soutenir pour chariot avec les mains pour passer les nombreuses racines présentes qui forment des escaliers très irréguliers et parfois haut pour Charlot.
Et, dans le sous-bois, la pente est plus douce et c'est alors un sol détrempé qui me voit passer. La surprise - désagréable - est à la fin du sentier quand il rejoint une route : un piquet est placé au milieu du chemin entouré d'un côté par une haie, de l'autre par des fils. Les pattes de Charlot - entendez par-là ses roues - ne passent pas. Je dois me détaché de lui et par une gymnastique, le faire passer l'obstacle. Puis c'est un chemin de campagne qui m'amène à terminer ma descente. Entre temps la pluie est revenue et s'impose de nouveau. Oh, moins intense que celle d'hier, mais, avec les kilomètres qui restent, je suis tout aussi détrempée car j'arrive à l'étape et que Pascale, mon hôte, m'accueille. Et quel accueil ... Néanmoins, pour en profiter, il y a une dernière épreuve à passer pour Charlot et moi : un escalier tournant étroit pour mener à l'appartement. Mais qu'importe, j'allège Charlot en bas - ouf, la pluie a cessé - et monte chaque sac séparément. Quand Pascale m'ouvre la porte de l'appartement, c'est une onde de chaleur qui m'entoure. Une chaleur réelle - "J'ai mis un peu de chauffage pour vous réchauffer - et une chaleur humaine - "Le café est prêt dans le filtre, il n'y a plus qu'a le mettre en route ..." Et sur la table, un ensemble de sandwichs et de couques au sucre. Nous parlons un peu ensemble de mon projet et quand je lui remets l'argent pour la location, elle m'en remet une partie et me dit "Je vais aller voir votre site et je verserai quelque chose à l'association." Un très grand cœur, et un très bel appartement qui me reçoit.
Et les oiseaux du cœur le savent bien, eux aussi.
Le Mont-Saint-Aubert : vu le lendemain depuis les bords de l'Escaut.
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