Parkin' son tour de Wallonie - la préparation

Mes compagnons de route

Parki, mon autre moi

Parki, mon autre "et moi" ; Parki, mon autre émoi ; Parki le discret ; Parki, mais par qui ? 

Parki, c'est mon plus fidèle compagnon depuis une quinzaine d'années. Oh, je l'ai déjà bien présenté et la façon dont il m'a fait le présent de sa présence dans mes deux livres "Le son de Parki, leçons de Parki ; quand le mal a dit Parkinson" et "Le facteur sifflera trois fois".

Aussi, je n'en parlerai pas trop, me contentant de dire quelques mots sur les maux qui me tiennent au corps. Car, si Parki est discret, sa ligue de copains sont, eux aussi bien trop silencieux. On en parle peu, du Parkinson, et pourtant c'est la maladie dégénérative la plus importante en nombre dans notre pays. Mais être au sommet du podium n'est certes pas ce qui touche le plus mes co-souffrants de cette maladie car, avec le temps qui passe, plus moyen de monter sur le podium. Je vous l'ai dit, Parki aime la discrétion et il agit en catimini, par petites touches invisibles pour les autres, seulement perceptible par celui qu'il accompagne. Ce sont principalement des raideurs, des douleurs. Chez moi, il s'est manifesté dans des raideurs inexplicables m'empêchant de poursuivre les mots que j'étais en train d'écrire, une hémiparésie du côté gauche et, en même temps, des douleurs brûlantes dans la cuisse gauche, comme un bout de fer métallique chauffé à blanc à la place du fémur, des problèmes d'urgence urinaire, d'autres au niveau de la vue - diplopie -, de l'équilibre, de la digestion lié à la contraction de la glotte, et j'en passe.  Alors, oui, quand on me voit et que je me dis être parkinsonien, les gens sont étonnés car rien, ou presque ne se voit. Mais quand Parki a décidé de couper les plombs gérant mon énergie par un de ses "off" dont il a le secret, là, plus de secret, cela crée l'arrêt de la marche et, chez moi, des difficultés pour manger : plus d'énergie pour marcher et mettre un pied devant l'autre, plus d'énergie pour continuer à mâcher. Et j'ai alors tendance à m'endormir sur place, que cela soit sur le chemin ou sur ma chaise du repas. Pour lever cette envie irrépressible de glisser dans les bras de Morphée, il faut y mettre toute la volonté. "Et un, et deux, et un, et deux, ... " Compter tout haut ou en soi le rythme que l'on souhaite. Et un pas, et le suivant, et un, et deux ; encore une mastication, et deux, et une, et deux, ... Et alors, petit à petit, la machine se remet en route, la connexion se refait et Parki, satisfait, s'en retourne se coucher jusqu'à son prochain petit jeu. 

Charlot, mon chariot

Pourquoi un chariot de randonnées et non simplement un sac à dos ? C'est que mon dos n'est plus des meilleurs avec la maladie de Leforestier qui est en train de souder ensemble du côté droit cinq vertèbres dorsales, avec les trois vertèbres cervicales soudées chirurgicalement, la neuvième dorsale casée en ski avec perte de substance, les cinq chutes sur la tête et les deux autres chutes de huit mètres, l'une sur les pieds, l'autre sur le derrière ... Mais, avec tout cela, je suis encore sur mes deux pieds et je me sens d'attaque pour le chemin. Alors j'ai besoin d'un chariot pour porter mes affaires.

Dans le choix de mon chariot de randonnée, je devais tenir compte de plusieurs facteurs. 

  • Je dois pouvoir garder les mains libres pour tenir mes batons de marche. En effet, en tant que parkinsonien, ils me sont indispensables pour rétablir mon équilibre et aussi pour me donner le rythme. C'est LE critère le plus important.
  • Pour les autres facteurs, il y a la légèreté, la facilité d'utilisation, le fait qu'il doit pouvoir me suivre partout ou presque et, pour cela, il ne doit avoir que deux roues, suffisamment grande sans l'être de trop ...

Et bien oui, il existe et, qui plus est, il est de fabrication française avec du matériel français, rien ne provenant de l'autre côté de la planète. Il s'agit du TACTIKAL XIII comme sur la photo, mais sans le sac.

Les timons du chariot consistent en deux batons de marche dont les dragonnes passent dans des mousquetons fixés à une ceinture large et solide. Bien utilisé, la traction se fait donc sur les hanches et non plus sur la région lombaire.

Les roues peuvent être plus ou moins écartées de façon individuelle en fonction du sac placé sur le chariot. 

La charge transportée peut aller jusqu'à 20 kg, mais il ne faut pas oublier que, dans les endroits - rares - où le chariot ne passerait pas (zone rocheuse ou de neige), il doit pouvoir être transporté sur le dos en utilisant les bretelles du sac. Ceci si l'on n'a pas de second sac comme moi sur la photo. Dans ce cas, je devrai placer le sac+chariot sur le dos et l'autre sac devant moi ...

Le matériel spécifique : pêle-mêle

  • De nouvelles bottines de marche dans lesquelles je dois pouvoir placer mes semelles orthopédiques
  • Un nouveau pantalon de randonnée, léger, pouvant sécher en une nuit
  • Une montre connectée. Celle que j'avais achetée pour aller à Saint-Jacques de Compostelle ne tient plus qu'une demie journée. Elle est primordiale pour être suivi et qu'en cas de problème majeure, un SOS soit émis par la montre et le GSM.
  • Un nouveau GSM entre autres pour la même raison. Mais le temps d'utilisation des nouveaux GSM est vraiment très limité. D'où
  • Un chargeur pour recharger mon GSM tout en continuant à marcher.
  • Un bon sac à placer sur le chariot, bien imperméable, pas trop lourd, pratique.
  • Deux paires de batons de marche et un baton de réserve au cas où un autre casserait.
  • Et puis, si je veux pouvoir partager mon cheminement, une nouvelle tablette ou une tablette 2 en 1 selon le poids, la taille et la facilité d'utilisation. Mon ancienne tablette date d'il y a plus de 9 ans et n'accepte plus les programmes que je dois prendre, dont Visorando et polarstep.
  • Et puis tout le matériel médical lié au parkinson : médicaments et matériel pour les urgences urinaires

Ceci n'est que l'essentiel ...

La préparation sur le terrain

Voir combien de kilomètres je suis capable de réaliser en un jour en riant Charlot derrière moi et voir si le paquetage convient ainsi que son harnachement sur le chariot sont les buts des nombreuses marches réalisées avant le départ